Le Clan face à Yogg Saron

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Le Clan face à Yogg Saron

Message  okar le Sam 18 Juil - 4:59

Par Benjamin (Alias Thalià)

La salle était immense. Dalaran la grande elle-même n’y aurait semblé qu’un grain de riz. J’en avais le souffle coupé. La verrière explosée demeurait néanmoins en suspens à son sommet, prise au piège d’un sortilège d’une complexité telle que toutes mes connaissances ne suffiraient pas à en expliquer le fonctionnement même.
La salle était immense…
Immensément vide…
Pourtant les cris de Sara nous parvenaient encore, aussi clairement que si elle s’était trouvée à quelques pieds de nous. La malveillance qui imprégnait le lieu rendait l’air si pesant que la moindre respiration nécessitait un effort intense.
- Elle doit être ici, marmonna Tavernier. La lumière m’en est témoin !
Je lui jetai un regard en coin. La lumière, la lumière… Les paladins n’ont que ce mot à la bouche. Un paravent derrière laquelle ils abritent leurs actions, rien de plus.
- Mais quel peut-être l’intérêt de Yogg-Saron de la garder en vie, si ce n’est de nous attirer ici ? Nous ne savons rien d’elle… pas plus que de lui…
Rrah formulait à haute voix ce que nous pensions tous plus ou moins. Tout ceci ressemblait beaucoup trop à un gigantesque piège…
Le sol était accidenté, comme si une gigantesque vague avait déferlé sous la roche, imprimant sa marque et éclatant les dalles en de multiples endroits. Et soudain, comme si la réalité d’une illusion se déchirait, révélant une autre facette de la réalité à nos yeux, nous aperçûmes Sara enchaînée au centre de l’immense salle. Son visage se tordait en un rictus de douleur intense.
Dans un bruissement sonore de métal, Okar saisit sa hache et se rua vers elle.
- Il faut la secourir, elle souffre !
Peste soit des nains, et de leur impatience !
- Okar attend !
Nous ne pouvions nous permettre de perdre un seul des dix membres survivants. Le Clan Thamanos avait déjà subi de trop lourdes et nombreuses pertes. Venus des quatre coins du monde, rassemblés sous une seule bannière, les plus grands héros de ce temps avaient participé à l’épopée décisive qui nous avait conduits jusqu’à ce jour funeste, et jusqu’à Yogg-Saron…
Nous avions remonté la trace de la corruption du monde. Un mal si ancien et si subtil, que même les puissances élémentaires, gardiennes de ce monde, n’y avait vu que du feu.
Des décombres de la nécropole Naxxramas et des ruines du Sanctum obsidien, une terrible vérité nous était apparue. Les cinq vols avaient été les premiers frappés, alors qu’ils pensaient avoir triomphé de ce mal. La chute de Neltharion, devenu Deathwing, les troubles du rêve d’émeraude qui avaient affaibli Ysera, et même la folie de Malygos : trois actes d’une seule et même tragédie.
Confirmer nos soupçons avait demandé une énergie formidable, et les ressources du clan entier. Il nous avait même fallu mettre un terme à l’existence de l’Aspect de la magie, au cours d’un combat formidable qui restera gravé dans les mémoires à jamais. Mais il était déjà trop tard.
La puissance de ce mal s’accroissait de jour en jour. Il devint si puissant qu’il n’eut bientôt même plus besoin de se dissimuler, ni de taire son nom.
C’est ainsi qu’Ulduar fut exhumé par les barbes-de-bronze. Et que tous commencèrent à trembler devant Yogg-Saron : une entité aussi vieille que les Titans eux-mêmes, d’une puissance et d’une noirceur sans égale. Un Dieu ancien enfermé au fin fond de la citadelle des nains de fer tombés sous son joug au fil des siècles et qui menaçait désormais les peuples libres d’Azeroth.

Une fois encore, le Clan était entré en guerre.

- Okar attend !
Mais le nain resta sourd à nos suppliques et continua sa charge. Je m’élançai à sa poursuite en maugréant, suivi de prêt par Haaroon, l’imposant gangregarde qui m’est dévoué corps et âme. Alors que nous approchions de Sara, elle sembla soudain nous apercevoir.
- Attention ! hurla-t-elle. Le monstre est proche, déversez votre haine sur ses laquais !
Dans un tourbillon, une épaisse brume sembla alors se former autour d’elle, et des sans-visages jaillirent de nulle part.
Apparu dans le dos d’Okar, l’un deux se jeta sur le nain avec voracité. D’un coup puissant, Haaroon sectionna sa jambe au niveau du genou. La bête se mit à vaciller, surprise. Alors quelle se retournait vers le démon cornu, Tigref lui transperça l’abdomen dans un éclair de lumière aveuglante. Le monstre eut un dernier soubresaut puis s’effondra dans un vagissement épouvantable. Et, sans le moindre avertissement, son cadavre explosa, repoussant ses bourreaux à plusieurs mètres.
Lyrich se précipita auprès de Tigref pour lui porter assistance. Le prêtre s’agenouilla aux côtés du paladin qui se relevait avec difficulté. Il psalmodia une courte prière et passa une main nimbée d’une aura dorée sur l’épaule de son compagnon. La vague d’énergie magique referma les chairs en quelques instants, soignant la blessure.
Pendant ce temps, Okar continuait sa charge, se ruant sur une des bêtes qui menaçait ouvertement Sara. D’un puissant coup de bouclier il renversa le monstre, plaquant sa tête hideuse au sol d’un coup de botte. Un moulinet de sa hache luisante suffit à décapiter la créature. Comme la précédente, la bête explosa alors, renversant le nain.
Emprisonnée à quelques mètres, Sara se couvrit le visage pour se protéger de la déflagration. Mais alors que le souffle l’atteignait, son apparence se troubla une fraction de seconde. Un détail infime, mais qui ne pouvait échapper à l’œil d’un lanceur de sort. Troublée, je me tournais vers Almualim.
- Son aura magique ! cria-t-il. Elle s’est modifiée ! Sara n’existe pas !
Son regard croisa alors celui de l’illusion, et pendant un instant j’y vis briller une malfaisance insondable. Un éclair ténébreux surgit de nulle part et s’en vint frapper le mage avant qu’il n’ait achevé son sortilège. Il tomba à genoux dans un gémissement étouffé. De la brume couleur souffre, de nouvelles créatures bondirent, encore plus nombreuses.
Resté un instant en retrait, Boulboule frappa le sol d’un grand coup du pommeau de sa masse. De l’arme du chevalier de la mort jaillirent des épines de glace qui déchirèrent le sol et enserrèrent les jambes des sans-visages, bloqués sur place. L’ancien pion du Roi-Liche se retourna prestement vers Camsha. Le druide acquiesça d’un hochement de la tête. L’air autour de lui se mit à bouillonner littéralement alors que des plumes lui poussaient sur tout le corps. Sa bouche se transforma en bec tranchant, et de grands bois sortirent de son front. Incarnation vivante de la furie des éléments, le Sélénien poussa un grand cri. Des ronces jaillirent du sol et plantèrent leurs épines tranchantes dans les créatures, alors que d’épais nuages noirs s’amoncelaient au dessus d’eux. Lorsque la foudre eut fini de s’abattre dans un bruit de tempête, tous les serviteurs maléfiques avaient été anéantis.
L’explosion qui résulta de leur mort simultanée fut tout simplement formidable. Sara poussa un cri déchirant, mais il était trop tard. L’illusion qui la camouflait se déchira comme un simple voile. C’est alors que tous eurent un aperçu de l’horreur absolue.
Le monstre nous apparut dans toute sa puissance. Il était gigantesque, semblant n’être composé que d’une multitude de gueules béantes, aux crocs acérés. De gigantesques tentacules bardés d’épines surgirent du sol, alors que sa voix tonnait dans nos esprits :
« Je suis le rêve éveillé. Le monstre de vos cauchemars. Le démon aux mille visages. Tremblez devant mon véritable aspect. A GENOUX DEVANT LE DIEU DE LA MORT ! »
Un tentacule large comme une maison ouvrit le sol sous mes pieds. Je roulai sur le côté juste à temps, mais un piquant entailla profondément mon bras. Sous sa forme d’arbre de vie, Rrah me porta assistance, en déposant quelques feuilles de lierre sur ma blessure. Après qu’il eut prononcé l’une de ses incantations, toute l’énergie vitale des plantes accéléra la cicatrisation de l’entaille.
- Vedrines, avec moi ! criai-je.
Alors que des flammes obscures enveloppaient le corps du prêtre, je sortis une âme cristallisée de ma besace et la brisai d’un coup sec. Et tandis que l’humain projetait une vague de magie ténébreuse sur le tentacule qui se préparait à frapper de nouveau, je rassemblai l’énergie vitale qui s’éparpillait en une énorme boule de flammes dévorantes. Le tentacule fut déchiqueté au point d’impact et tomba au sol où il se flétrit presque instantanément. Yogg-Saron rugit de colère.
Un tentacule plus fin creva le sol et projeta un rayon violet en direction de Vedrines qui tomba à genoux en hurlant, la tête entre les mains.
- Il… Il parle dans ma tête ! Faites le taire !
Almualim projeta un éclair de givrefeu sur le corps du monstre, mais le sortilège fut stoppé net par une barrière invisible, à quelques mètres de Yogg-Saron. Camsha en appela aux forces de la nature, mais sans plus de succès.
- S’il est protégé de l’extérieur, grommela Okar, je ne connais qu’un seul endroit où nous pourrons l’atteindre. Thalià, Camsha, Almu, occupez vous de Ved ! Tigref, Tav, Boulboule, avec moi !
Les quatre guerriers se précipitèrent vers le corps du Dieu ancien et plongèrent dans la plus grande de ses gueules. Alors que je me précipitai vers le tentacule corrupteur, un autre appendice jaillit dans mon dos et m’enserra, tentant de me broyer. Haaroon se saisit du constricteur à bras le corps et me ramena à terre, avant de le trancher à hauteur du sol. Dans le même temps, Almualim et Camsha firent pleuvoir feu et glace sur les appendices qui entouraient Vedrines, le libérant de leur emprise, inconscient mais bien en vie.
A l’intérieur de la gueule de Yogg-Saron, le combat avait du faire rage. La créature hurla, tant de douleur que de dépit, et recracha nos compagnons. Lyrich se précipita pour soigner leurs blessures, et nous sentîmes le bouclier protecteur voler en éclat, signifiant que le corps du monstre était désormais sans défenses.
Les haches s’enfoncèrent dans la chair et les sortilèges embrasèrent le corps de la créature. Mais sa puissance ne faiblissait pas, mobilisant toute notre énergie dans ce combat titanesque et déséquilibré. Plus que nos propres forces, c’est la volonté du Clan qui nous galvanisait. Car si les Thamanos échouaient en ce jour, qui pourrait empêcher l’anéantissement pur et simple du monde ?
Sortie de nulle part, une nuée de sans-visages nous submergea en un instant. Les deux paladins délaissèrent le corps à corps pour porter secours aux soigneurs. Et alors que mage et druides s’unissaient pour juguler le flot de minions, Yogg-Saron posa son regard sur moi.
Je le sentis pénétrer dans mon esprit comme une gigantesque vague emportant tout sur son passage, pulvérisant toutes les protections magiques que j’avais pu ériger. Sa seule présence m’étouffait de l’intérieur, bloquant mes pensées. Je m’effondrai comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, incapable de détourner le regard. Ses yeux étaient deux puits sans fond dans lesquels je me perdais irrémédiablement, sans pouvoir esquisser le moindre geste.
Et soudain j’entendis sa voix résonner, emplissant tout mon être. Mon âme partait en lambeaux à chaque syllabe qu’il prononçait.
« Tu t’es bien battu Gnome. Mais c’est terminé. Contemple le vrai visage de la mort, et sache que ta fin approche. »
Et alors que j’abandonnais la lutte, j’entendis les voix de mes compagnons.
- Je…
Cela ne devait pas se terminer ainsi. Ils avaient besoin de moi. Il y aurait encore d’autres guerres à mener.
- Je…
« Abandonne, mortel ! Tu ne peux lutter contre moi ! Je suis Yogg-Saron ! Je commande à la mort et à tes démons intérieurs ! Je suis un Dieu ! ».
- Je ne crois pas… en Dieu !
Je fis affluer en moi toute l’énergie démoniaque qu’il me restait, exhalant la magie par tous les pores de ma peau, repoussant lentement sa conscience hors de mon esprit. Des ailes de brume se déployèrent dans mon dos. Deux cornes saillirent de mon front alors qu’un feu noir zébré d’éclairs violets enveloppait mes chairs.
- Observe, Sara. Contemple la puissance… du démon intérieur !
Je concentrais toute ma puissance dans un ultime sortilège, toute la noirceur de la mort et des énergies gangrénées dans une seule main. Le trait de l’ombre atteint sa cible en une fraction de seconde. Le choc fut terrible et une partie du corps physique de Yogg-Saron cessa tout simplement d’exister sous la puissance de l’attaque.
Une brèche était ouverte. Et alors que le contrecoup me laissait chancelante d’épuisement, mes compagnons unirent leurs efforts pour abattre le monstre. Un rayon de soleil traversa la verrière lorsque le monstre rendit son dernier souffle, suivi d’une explosion de joie.
- La seule chose à laquelle je crois… c’est au Clan Thamanos !

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